France – Belgique: la signalisation routière bilingue

Wablieft in België ? (What’s up in Belgium?)

Si vous parlez à un routier en Belgique, il y a de grandes chances … qu’il ne soit pas Belge! Le transit routier voit de plus en plus de routiers étrangers passer par ce beau pays: 41,3% l’année passée, soit +10% par rapport à 2000 ! Pourtant, vous allez le voir, emprunter les routes de ce beau pays exige presque d’être trilingue…


A Eupen, en allemand et français.

En Belgique, la région de Bruxelles est bilingue français-néerlandais. Les deux langues y sont donc obligatoirement utilisées pour toute la signalisation locale. À l’inverse, la signalisation est unilingue en Flandre et en Wallonie: respectivement en néerlandais et en français. Sans parler des “communes à facilités”, ces enclaves linguistiques qui bénéficient de droits linguistiques exceptionnels en français, néerlandais ou allemand. Voilà bien qui explique que le nom des villes puissent changer sur les panneux routiers en l’espace de quelques kilomètres! Lille en français, Rijsel en néerlandais ; Mons et Bergen ; Braine-le-Comte et ‘s-Gravenbrakel ; Léau et Zoutleeuw ; Grez-Doiceau et Graven… De quoi déboussoler nos pauvres routiers étrangers…


A Bruxelles: néerlandais et français.

A Bruxelles, les panneaux sont donc rédigés en deux langues, tout comme le nom des rues. Voire mieux, autour des institutions internationales, des gares et de l’aéroport.


A Bruxelles: un panneau quadrilingue.

De manière récurrente, les panneaux bilingues néerlandais-français cristallisent les rancoeurs flamingantes:


Un panneau taggé près de Bruxelles

Qu‘en est-il en France ?

Hé bien si j’en crois le Dr W. Pédia, “la signalisation bilingue est utilisée dans certaines régions. Elle se limite à des indications toponymiques de localisation et de direction”. Le français est présent partout, et la langue régionale n’est utilisés qu’au cas par cas: noms de villages, noms de rues, lieux-dits, rivières, lieux historiques, etc.


A Strasbourg (Alsace), dans le centre historique.

Le breton est très présent: la langue est un élément très important de l’identité bretonne.


Quimper, en français et breton.

Et la langue traditionnelle n‘empêche pas la modernité !!

En Corse, c’est le français, le corse ainsi que l’italien qui sont à l’honneur. Cette île magnifique est en proie à des revendications autonomistes, qui passent parfois par la „correction“ des panneaux…


Seule subsiste la version corse.

Dernier exemple: le basque, présent en France essentiellement en Pyrénées-Atlantique. Heureusement qu’il y a encore la version française, sans quoi nous aurions beaucoup de mal… http://www.lexiophiles.com/english/top-list-of-the-hardest-languages-to-learn


Français-basque.

Voilà un (petit) aperçu de la signalisation multilingue en Belgique et en France: il existe d’autres cas où la langue régionale est représentée sur un pied d’égalité avec le français. 1000 excuses à nos lecteurs gascons, catalans, occitans, créoles, votre tour viendra ! Quant à nos amis flamands, je ne pense pas que les dialectes soit utilisés dans la signalisation (mais je peux me tromper: manifestez-vous dans les commentaires !).
Enfin, il ne me reste qu’à remercier les ayants droit de certaines photos utilisées:
– Pour Eupen, Bruxelles, Strasbourg, la Corse et le basque : Wikimedia Foundation
[http://fr.wikipedia.org/wiki/Signalisation_bilingue]
– Pour le panneau bruxellois taggé: ”Ton tag à toi”
[http://peripherie.lalibreblogs.be/archive/2007/06/13/ton-tag-a-toi.html]
– Pour la Bretagne: Mikael Bodlore-Penlaez, sur Geobreizh.com
[http://www.geobreizh.com/breizh/fra/signaletique2.asp?numero_panneauxcat=4]

Mais alors, comment faire pour ne pas créer de conflits linguistiques ? Il semble que Makkinga, une petite ville néerlandaise de 1000 habitants, ait trouvé la solution… 😉

En bonus dans les commentaires, une petite compilation de panneaux bizarres: un peu hors sujet, mais marrant quand même… Enjoy, Languages Lovers!

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