Ich kann kein Deutsch sprechen

Le titre de cet article en dit long : en effet, cette phrase est sans conteste devenue ma phrase « incontournable » depuis mon arrivée en Allemagne. Certains d’entre vous ont peut-être lu un de mes articles précédents sur l’enthousiasme manifesté par les français vis-à-vis de la langue allemande. L’allemand étant considéré comme un dialecte violent et impossible à apprendre, je n’ai donc jamais eu l’occasion de l’étudier à l’école, et j’ai ainsi du me concentrer sur l’anglais et l’espagnol. Quand j’ai trouvé un stage intéressant à Hambourg, j’y ai donc foncé tête baissée en espérant que je n’éprouverais pas trop de difficultés pour survivre face à cette jungle linguistique appelée l’allemand.

Je suis donc arrivée en Allemagne sans la moindre notion de la langue de Goethe. Et croyez-moi, il ne m’a pas été évident de conserver ma santé mentale dans les premiers temps. En effet, pour une amoureuse des langues telle que moi, il est étonnamment frustrant d’entendre des personnes s’exprimer dans une langue que je ne comprends pas du tout. Devant l’adversité, j’ai donc pris mon courage à deux mains et me suis concentrée dans l’espoir d’apprendre deux ou trois choses utiles, histoire de pouvoir dire « Je parle un peu d’allemand maintenant ! » à mon retour en France.

Je ne pense pas exagérer en admettant que mon but n’est pas tout à fait atteint. Je ne suis toujours pas capable de construire de vraies phrases et de manier la grammaire avec aisance ! Même en ayant apporté dans mes valises une dizaine de livres de grammaire et vocabulaire allemands, je n’ai pas été très inspirée. Verbes irréguliers, genres des noms, structures syntaxiques… Pardonnez-moi l’expression, mais ce n’est pas de la tarte. Cependant, je suis fière de réaliser que j’ai tout de même appris un certain nombre de choses, non pas dans les livres mais grâce à la vie de tous les jours en Allemagne. Comme je m’en suis rendu compte, il y a beaucoup à apprendre sans faire le moindre effort.

Commençons par le vocabulaire. Quand on vit à l’étranger, il est techniquement impossible de ne pas entrer en contact avec le vocabulaire essentiel écrit noir sur blanc dans tous les recoins. Rien qu’en prenant le train, les mots tels que « Ausgang », « Zug », « fahren » ou les nombres (grâce aux lignes de métro) deviennent rapidement familiers. Sur le chemin du bureau, lorsque je suis confortablement assise dans le train et en proie à un ennui profond, je jette un coup d’œil aux journaux que lisent les autochtones. C’est un excellent moyen d’élargir son vocabulaire après une vérification dans le dictionnaire. Toutefois, ma plus grande source de mots a sans conteste été les menus des restaurants, même si je doute que les mots « Schinken », « Huhn » ou « Bier » seraient d’une grande utilité lors d’une conversation anodine à propos du temps qu’il fait. Sortir avec des germanophones m’a quand même appris comment commander un verre ou demander l’addition, ce qui est essentiel et vital.

Mon séjour en Allemagne a-t-il donc été une perte de temps ? Vais-je quitter ce pays dans le même état qu’à l’arrivée : sans notion d’allemand ? Je ne l’espère pas. Entendre parler allemand sans interruption est sans aucun doute une méthode d’apprentissage radicale. Même si mon allemand parlé est encore tout tremblotant, ma compréhension s’est largement développée (du mois, c’est l’impression que j’ai). Mon vocabulaire s’est élargi (ce qui n’était pas très dur), et comprendre l’allemand est devenu plus aisé grâce aux mots clefs que j’ai accumulés. Je ne comprends peut-être pas les moindres détails d’une conversation, mais repérer ces fameux mots clefs me donne un indice à propos du sujet. Je ne serai pas bilingue dans les prochains jours, mais au moins je ne ressemble plus à une idiote quand quelqu’un me parle en allemand. Et c’est arrivé, bien trop souvent à mon goût. Par exemple, lors de mon premier mois ici, la boulangère m’a demandé si je voulais « mitnehmen », et je suis restée muette, complètement perdue et sur le point de crier à l’aide. Cette période est terminée ! Il est maintenant temps de travailler ma prononciation, car mon intonation française est bien trop persistante…

[English]

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1 thought on “Ich kann kein Deutsch sprechen”

  1. Salut Andrea.
    Je me demandais combien de temps tu avais séjourné en allemagne avant d’écrire ce billet !?
    Car, après lecture, c’est pas franchement encourageant je dois avouer !

    Je ne suis pas un grand apprenant des langues mais je m’y intéresse beaucoup et je vais certainement avec le temps tenter d’en pratiquer d’autres que l’anglais voir de l’espagnole que je balbucine à peine..

    Merci d’avance pour ta réponse :)!

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