La manie de l’homophonie

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Les défenseurs de la langue française s’en plaignent de plus en plus et pourtant la crise orthographique dans laquelle est plongée la génération texto ne semble pas sur le point de trouver une fin joyeuse.

Les heures quotidiennes passées sur MSN, Facebook, Skyrock et les dizaines de messages, textos ou autres SMS envoyés ont eu raison de millions de Français qui ne savent plus épeler correctement un mot de plus de 2 syllabes, eux qui pourtant ont eu le droit aux fameuses dictées à l’école pendant de nombreuses années.

Il fut un temps où l’orthographe et la langue française n’étaient pas laissées de côté, et bien au contraire, on s’en régalait.

Prenons par exemple les homophones, ces mots aux significations différentes mais à la prononciation similaires comme « mai », « mais », « mets », « met », et « mes » ou encore la fameuse série « mer », « mère » et « maire ». En 2009 ils sont parfois l’objet de confusion orthographique alors qu’il y a 200 ans, grâce à Jean Goudezki (1866-1934) ils furent à l’origine d’un nouveau genre littéraire composé intégralement d’homophones: le poème holorime.

De nombreux auteurs succombèrent à leur tour à la manie de l’homophobie… Voici quelques exemples de vers connus :

Ô, fragiles Hébreux ! Allez, Rebecca, tombe !
Offre à Gilles zèbre, œufs. À l’Érèbe hécatombe ! (Victor Hugo)
Gall, amant de la Reine, alla, tour magnanime,
Galamment de l’arène à la tour Magne, à Nîmes. (Marc Monnier)
Etonnamment monotone et lasse,
Est ton âme en mon automne, hélas ! (Louise de Vilmorin)

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