Per aspera ad astra!

L’Union Européenne est aujourd’hui, avec ses 27 États membres, à son apogée. Avec la création d’organismes communs et de l’euro, l’Union est une formidable puissance. Cependant, le nombre toujours grandissant de pays membres mène à la question suivante : l’Europe a-t-elle également besoin d’une langue « commune » ?

Il n’échappe à personne que de nos jours, la langue prédominante à l’international est bien entendu l’anglais. Aussi bien professionnellement que culturellement, il est devenu impossible d’échapper à cette langue. Par conséquence, l’anglais est considéré comme la langue internationale de référence, et tout le monde (ou presque) se doit de le parler (ou de le baragouiner). Faudrait-il pour autant considérer que l’anglais aurait sa juste place en tant que langue principale d’une institution comme l’Union Européenne ? Ses détracteurs sont nombreux : pourquoi faudrait-il privilégier la langue d’une nation, et ainsi créer des « sous-peuples » ? Cela signifierait-il qu’un européen non-anglophone serait lésé par rapport aux habitants d’un pays dont l’europhilie est pour le moins douteuse ?

Le débat est vif, et personne ne parvient à se mettre d’accord. Alors que certains se résignent à la dominance incontestable de l’anglais, déjà bien ancré dans nos mœurs, d’autres sont indignés par sa dictature et son omniprésence, symbole de la toute-puissance d’une seule nation. Face à l’éventualité d’une langue commune à tous les Européens, des utopistes en sont venus à évoquer le latin, considéré (à tort) depuis bien longtemps comme une langue morte et enterrée et uniquement enseignée aux intellectuels curieux (elle reste tout de même la langue officielle du Vatican). Cependant, force est de constater que le latin est la source de nombreuses langues européennes et représente un tronc commun, aussi bien à un niveau linguistique que culturel. Lors de sa présidence à la tête de l’Europe en 2006, la Finlande a ainsi décidé de publier ses bulletins d’information également en latin. Le latin pourrait-il donc être la solution ? Rien de moins sûr. Ceux qui l’ont étudié le confirmeront : le latin est une langue d’une grande complexité.

Face aux faiblesses du latin, les adeptes de l’espéranto répliquent. Langue dite « construite », l’espéranto a été créée il y a près de 120 ans par un docteur polonais dont le rêve était de développer une langue universelle. Elle présente de nombreux avantages : son apprentissage est aisé (il faudrait seulement 3 mois de cours pour la maîtriser et sa grammaire ne présente aucune exception), son vocabulaire fortement inspiré des langues indo-européennes, et surtout elle est entièrement « neutre » et ne représente la suprématie d’aucune puissance. Aujourd’hui parlée par près de 2 millions de personnes dans le monde, elle pourrait être la solution au problème de l’absence d’une langue commune en Europe.

Toutefois, le projet d’une langue « officielle » pour l’Union Européenne reste au stade d’utopie. En effet, l’anglais domine incontestablement, et l’apprentissage d’une nouvelle langue dans un but de meilleure compréhension et de neutralité risque fort de provoquer des remous. Par ailleurs, l’Europe a-t-elle vraiment besoin d’une langue commune ? Traduire est un travail fastidieux, mais l’adaptation à une nouvelle langue pourrait bien l’être encore plus.

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