Sujets de conversation en France : le guide de survie

Quelques principes-clés:

  • Parler le français tu essaieras.
  • Seuls les amis proches tu tutoieras.
  • Vie privée et vie professionnelle séparées tu garderas.
  • Un orateur tu deviendras.
  • Certains sujets tu éviteras.

En règle générale, les Français sont fiers –voire très fiers- de leur pays: “France” évoque tout à la fois un passé culturel, un climat intellectuel, un savoir-faire culinaire et une langue prestigieuse.

1- Nouer contact {en français}

Si vous parlez mal ou pas du tout le français, vous devriez tout de même tenter de bredouiller quelques mots (même mal prononcés). Les locaux apprécieront l’effort, et d’autant plus si vous glissez quelques mots en français dans la conversation. Vos excuses (Excusez-moi, je ne parle pas français /Désolé, je parle mal français) vous vaudront normalement un grand sourire et l’indulgence des locuteurs natifs.

Si l’anglais est compris et parlé quasi partout, il reste vu comme une langue rivale menaçant la position du français et comme un danger pour la pureté de la langue. Cela vaut aussi pour les autres langues : il sera considéré impoli d’ignorer tout de la langue du pays. Votre interlocuteur français ne prendra pas la peine de vous comprendre si vous négligez sa propre langue maternelle sur son territoire. Rappelez-vous: en France, le français est la règle, les autres langues sont l’exception.

Par ailleurs, il faut toujours saluer une personne par quelques mots avant de débuter une discussion: rien de plus grossier que de poser une question à brûle-pourpoint.

– Bonjour Madame. Comment allez-vous? [Salut, ça va?]
– Bonjour! Bien, merci. Et vous-même? [Ouais ça va, et toi?]
– Bien.
{Posez votre question}

Le but n’est pas vraiment de s’informer en long et en large sur votre humeur, votre santé ou la santé de votre portefeuille: c’est plutôt une manière de préparer chaleureusement le terrain pour la suite. C’est aussi une façon de meubler la conversation avec quelqu’un à qui vous n’avez rien à dire.

2- Vouvoyez-vous {en principe…}

Comme en allemand, le français utilise deux modes [http://fr.wikipedia.org/wiki/Distinction_T-V] pour s’adresser à un interlocuteur: formel et familier. Mais est-ce si simple que ça ? [http://www.iht.com/articles/2000/02/19/blume.t.php]

Les relations professionnelles s’en tiennent généralement au “vous”, même hors du boulot (voir point 3). Les personnes plus âgées, les représentants de l’ordre (ex. policiers) et les inconnus devraient toujours être vouvoyés.

Vous pouvez cependant sans risque tutoyer les enfants, les amis proches et les personnes de votre âge au même statut que vous (ex. entre étudiants, …). Le plus important à savoir est qu’une fois le tutoiement adopté, il est difficile de revenir au “vous”…

Il peut être difficile pour les apprenants en français de faire la distinction. Évitez alors de tutoyer: le plus sûr est dès lors d’utiliser “vous” jusquà ce qu’on vous invite au tutoyement – ce qui devrait venir rapidement. Vous éviterez ainsi les impairs.

3- Métro, boulot, dodo

En France, on tient à sa vieprivée. Les réseaux d’amis et de collègues ne se mélangent pas forcément. S’il est commun de discuter de tout et de rien avec ses collègues, ne vous étonnez pas d’une certaine distance, surtout au début. Les premiers jours, abstenez-vous d’inviter tous vos collègues à prendre un verre à la maison: ils attendent de se faire une meilleure idée avant d’ouvrir leur sphère privée.
C’est pourquoi les coups de fil professionnels au domicile seront accueillis froidement… Facebook et autres réseaux sociaux n’ont pas vraiment remis en cause cet état d’esprit: on tend encore à compartimenter la vie privée et la vie professionnelle. Le repas de midi est encore vu comme un moment privé: si personne ne parle business pendant le temps de midi, c’est aussi parce que les obsédés du travail n’ont pas bonne réputation.
De manière générale, les questions personnelles démontrent un intérêt pour la personne, plus qu’une curiosité envers votre biographie: personne ne vous en voudra de sauvegarder votre vie privée! Restez amical et entretenez la conversation: les Français adorent bavarder 🙂

4- Brillez en société!

Plutôt que d’impressionner par votre gros salaire ou votre château en vallée de Loire, déployez des talents d’orateur et de polémiste. Les débats et argumentations diverses sont fortement appréciés au pays des Lumières. Une maitrise intellectuelle des évènements ou un point de vue raisonné sur une question de société vous vaudra le respect des interlocuteurs (aussi longtemps que durent vos arguments rationnels). Les réunions professionnelles sont par exemple une occasion de parler des problèmes rencontrés plutôt que de les résoudre.
Une connaissance de l’histoire de France est un atout pour suivre vos interlocuteurs. Les sujets politiques reviennent sans cesse sur des éléments centraux comme la laïcité, le rôle centralisateur de l’Etat (largement légitimé), le sacro-saint service public ou l’Etat-Providence. Il est de bon ton de les connaitre, et au moins de s’y intéresser !
Mesdemoiselles, vous serez probablement l’objet de compliments sans fin sur votre merveilleuse personne ; rappelez-vous juste que flirter n’est pas séduire, et qu’un peu de drague n’engage à rien…

5- Des sujets qui fâchent

Difficile d’esquiver tous les points sensibles de la société française. Encore plus difficile est d’en dresser une liste complète. Les esprits peuvent s’échauffer rapidement… Soyez prudents, terrain glissant!

Le racisme, l’immigration et la guerre d’Algérie suscitent des prises de positions assez radicales. La police a souvent été accusée de “délit de sale gueule”, suite à de supposées bavures.

Poser des questions personnelles sur les croyances religieuses n’est pas très bien vu si vous ne connaissez pas bien la personne. Cela relève de la sphère privée, et d’autant plus que la laïcité revendiquée des pouvoirs publics déteint sur la vie privée.

Il est considéré très grossier de demander combien gagne votre nouvelle connaissance, ses revenus ou ses possessions. Si vous voulez parler boulot, choisissez plutôt d’évoquer sa fonction, ses responsabilités ou la culture d’entreprise.

Les sujets universels que voici sont heureusement bien accueillis: la famille, la culture, les arts, la nourriture et les boissons, les vacances et voyages. Votre vis-à-vis les combinera tous si vous lui demandez comment se sont passées ses dernières vacances en bord de mer: le petit restaurant typique, un verre de vin de pays en main en déplorant que les “gens” passent trop de temps sur Internet… 😉

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